Marcher jusqu’au phare du Paon : explorer Bréhat du bourg à la pointe nord

24/07/2025

Approcher le bout du monde : pourquoi le phare du Paon attire tant de promeneurs ?

Le phare du Paon n’est pas seulement un repère marin, il incarne pour les visiteurs de Bréhat une aventure, un objectif, un point de mire fascinant posé à l’extrémité nord de l’île. Accessible uniquement à pied ou à vélo, il semble réservé à ceux qui acceptent de prendre le temps d’un cheminement à travers les landes, les rochers et les criques fleuries. Qu’on soit lève-tôt guettant les lumières du matin, amateur de couchers de soleil venteux ou observateur de la faune sauvage, le sentier qui relie le bourg au Paon réserve chaque fois des surprises et exige de faire corps avec la nature de Bréhat. Dès le départ sur la grande place du bourg, le contraste est immédiat : l’animation du village s’estompe peu à peu, la route se mue en sentier, les parfums d’aubépine et de figuier remplacent l’odeur des crêpes, les maisons de granit cèdent la place aux ajoncs et bruyères. Voilà la promesse de cette balade : sentir l’île battre sous ses pas.

Les distances : combien de temps pour rallier le Paon à pied ?

Bréhat, avec sa superficie de 3,09 km (Wikipedia), semble miniature, mais du bourg au Paon, il faut tout de même compter une vraie marche. Le trajet direct représente entre 3,5 et 4 kilomètres, parcourus en 50 minutes à 1h10 selon l’allure. En prenant le temps de flâner, de profiter des points de vue ou d’explorer une boucle, la randonnée peut facilement durer 2 heures ou plus... sans compter les pauses photo ou observation des oiseaux marins. Dénivelé faible, terre meuble et chemins plutôt bien balisés : voilà la recette d’une balade accessible à tous, si tant est que l’on évite les heures de grande chaleur ou les jours de tempête.

Trois itinéraires à pied du bourg au phare du Paon

Il existe plusieurs façons d’atteindre le phare du Paon à pied, depuis le cœur du bourg de Bréhat. Voici, détaillées, trois variantes principales pour varier les plaisirs selon la saison, les envies et la météo.

1. Le chemin direct par le Quinic : l’itinéraire classique des insulaires

  • Départ : place du bourg
  • Passages clés : Bourg → Chemin du Guer → Le Quinic → Pont ar Prat → Le Paon
  • Distance : environ 3,5 km
  • Durée : 50 min à 1h

C’est le chemin privilégié pour aller droit au but sans détour. Dès la sortie est du bourg, on emprunte le chemin du Guer, légèrement ombragé par les châtaigniers, avant de traverser le hameau du Quinic, village typique aux jardins clos célèbres pour leurs agapanthes dès juin. On longe de petits champs et, au printemps, les prairies regorgent d’orchidées sauvages (notamment l’orchis pyramidal, Anacamptis pyramidalis). À hauteur du pont ar Prat, la lande s’ouvre, offrant une vue grandiose sur la côte nord, sa mosaïque de galets roses et le grand large. De là, le sentier devient plus rocailleux : pas de difficulté majeure, mais mieux vaut de bonnes chaussures.

2. La « grande boucle littorale » : entre plages, rochers et panoramas

  • Départ : bourg, direction la plage du Guerzido
  • Passages clés : Guerzido → Keranroux → Pors Ar Men Braz → Le Croaz Ru → Le Paon
  • Distance : environ 4,5 km
  • Durée : 1h30 à 2h (sans les pauses)

Pour ceux qui souhaitent allier le plaisir du littoral et du patrimoine, cette boucle suit le GR®34 (Fédération Française de Randonnée) sur sa portion Bréhatine. On quitte le bourg par le sud, longe la gorge de la plage du Guerzido et sa mer turquoise, puis on remonte par le sentier côtier, contournant criques et pointes rocheuses.

  • La portion Keranroux – Pors Ar Men Braz est remarquable par ses formations de granit rose et ses floraisons, avec, selon la saison, le bleu du chèvrefeuille sauvage et l’odeur du fenouil marin.
  • Au Croaz Ru (la « Croix Rouge »), panorama splendide sur l’archipel et le continent par temps clair.
  • Les cormorans et goélands argentés nichent sur les écueils, parfois rejoints par les phoques gris au loin : n’oubliez pas vos jumelles !

La boucle vire alors dans les landes nord pour se joindre au chemin du Quinic, puis repart vers la pointe du Paon sur la dernière portion.

3. L’itinéraire « jardins et venelles » : immersion dans la vie bréhatine

  • Départ : montée de l’église du bourg, direction Keranroux
  • Points d’intérêt : ruelles fleuries du Fresna, serres exotiques, vieux lavoirs
  • Distance : environ 4 km
  • Durée : 1h15 à 1h40

Ici, on déambule au cœur de Bréhat, en privilégiant la découverte de ses venelles cachées et ses maisons enveloppées de glycines. Sur le chemin, on croise les serres horticoles (où germent plus de 150 espèces exotiques à l’année selon Iledebrehat.org), et des points d’eau où bruissent parfois les grenouilles. Ce tracé invite à la contemplation et à l’observation de la vie insulaire : ici, on jardine, là, on fait sécher du goémon. On rejoint enfin le hameau de Paimpol, où d’anciens lavoirs témoignent de la vie d’antan, avant d’obliquer plein nord vers le Paon sous les pins maritimes.

Baliser sa marche : conseils pour profiter pleinement du trajet jusqu’au Paon

  • Partez suffisamment tôt, surtout en été, pour éviter le flux des visiteurs et profiter du calme du matin ou de la lumière dorée en fin de journée.
  • Méfiez-vous de la brume : même si le paysage est ouvert, les brumes marines peuvent surprendre, rendant le sentier glissant et limitant la visibilité. Un coupe-vent et une lampe frontale sont utiles hors saison.
  • Chaussures fermées recommandées, le granit use et, sur les portions de côte, les embruns rendent parfois le sentier humide.
  • Pensez à l’eau et aux encas : il n’y a aucun point de restauration entre le bourg et le phare, profitez d’ailleurs d’une halte pour observer le vol des fous de Bassan.
  • Respectez la faune et la flore : ne cueillez rien, et restez sur les sentiers balisés pour éviter l’érosion des landes.

À l’approche du phare : paysages et anecdotes à ne pas manquer

Le dernier kilomètre se déroule dans un décor spectaculaire : landes rases, affleurements de granit rose, petites touffes d’immortelles. On comprend alors pourquoi, après la tempête de 1944 qui détruisit le premier phare (source : phares-de-france.fr), il a fallu des années pour reconstruire cet édifice sur un socle aussi exposé. C’est l’un des rares phares français dont la lanterne fut financée par une association privée (« Les Amis de Bréhat »). Au pied du phare, le spectacle est omniprésent : ressac puissant, parfum d’algues, horde de sternes… et, par grand vent, impressionnant « brouillard de mer » qui donne parfois au Paon des allures d’île du bout du monde.

Carte des itinéraires et points de repères

Voici les points essentiels à retenir pour ne pas se perdre sur Bréhat :

  • Sentiers souvent balisés par des panneaux bois « Phare du Paon » ou par la marque rouge et blanche du GR®34.
  • Plan de l’île disponible à l’Office de Tourisme dès l’arrivée.
  • Points remarquables sur le trajet : chapelle St-Michel (vue à 360°), jardins de Ker ar Rom, pointes de l’Arz et du Rozic pour le littoral.
Itinéraire Distance Durée approximative Ambiance
Chemin du Quinic (direct) 3,5 km 50 min - 1h Landes, panoramas dégagés
Boucle littorale 4,5 km 1h30 - 2h Crique, côte sauvage, rochers
Venelles et jardins 4 km 1h15 - 1h40 Vie insulaire, flore domestique

Envie de prolonger la balade ?

Pour les plus curieux, il est possible de pousser la boucle jusqu’aux alentours du phare par la côte ouest (Pors Ar Men Braz) ou d’entamer le retour par le sentier du Goaré Va, afin de capter la lumière changeante sur le continent et l’archipel. Osez sortir des sentiers trop battus – tout en respectant l’environnement ! – pour découvrir l’île aux mille couleurs, qui ne se résume jamais à un simple aller-retour. Et si le cœur vous en dit, informez-vous sur les visites guidées thématiques de Bréhat : certaines remontent le fil de l’histoire du phare et vous plongent dans les légendes insulaires, entre récits marins et anecdotes sur les anciens gardiens. Marcher ici, c’est aussi voyager dans le temps.

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