Étape par étape : l’itinéraire détaillé autour du Phare du Paon
1. Du Pont ar Prat à Porz Even : la lande à perte de vue
En quittant le pont, prenez le sentier qui longe la côte ouest, côté mer, en direction de Porz Even. Ici, la lande bretonne déploie toute sa palette, entre ajoncs, bruyères et fougères. N’hésitez pas à ralentir : au printemps, c’est un festival d’odeurs et de couleurs, alors qu’en été-automne, la bruyère vire au mauve profond. Ce secteur est le royaume des alouettes des champs (source : Ligue de Protection des Oiseaux), reconnaissables à leur chant cristallin, et des busards cendrés, visibles parfois lors des migrations.
2. Porz Even à la pointe du Squevel : entre criques secrètes et chaos granitique
Le chemin se poursuit, sinueux, entre petites criques et amas de rochers sculptés par les éléments. Sur votre gauche, le spectacle des îlots du nord s’offre à vous, par grande marée on distingue les bancs de sable où se reposent les hérons cendrés et parfois des colonies de goélands argentés. Petite anecdote : c’est dans ces parages, notamment autour de Guerzido, que Victor Hugo séjourna lors de sa visite à Bréhat en 1836 (source : Archives départementales 22).
Les plus attentifs repèreront la présence sporadique de phoques gris, un mammifère qui fréquente régulièrement le nord de Bréhat, notamment au printemps (source : Observatoire Pélagis, 2022).
3. Arrivée au phare du Paon : immersion sur la pointe nord
Le fameux phare du Paon, reconstruit en 1949 après sa destruction durant la Seconde Guerre mondiale (source : Service des Phares et Balises), s’ancre sur les rochers roses tel un diadème posé à la frontière de la terre et de la mer. Sa hauteur sous feu de 16 mètres et sa portée de 16 milles nautiques signalent aux navigateurs la limite nord de Bréhat, face aux courants redoutés du chenal du Ferlas.
- Le saviez-vous ? Le premier phare, construit en 1860, fut dynamité par les Allemands en 1944. La version actuelle, reconnaissable à sa lisse rampe d’accès et sa tour peinte de blanc, est parmi les plus photographiés du littoral costarmoricain.
- L’astuce : Montez sur le promontoire rocheux, juste devant la porte du phare : la vue s’étend jusqu’à la côte trégoroise par temps clair, parfois même jusqu’aux sept îles au nord-est.
- Faune locale : C’est un point idéal pour observer les cormorans huppés et les huîtriers pies, ainsi que le retour des hirondelles en avril.
4. Retour par la côte est : paysages lunaires et douceur du granite
Empruntez le chemin de retour par la côte orientale de l’île Nord. Vous longez ici des formations granitiques spectaculaires : arches naturelles, vasques d’eau de pluie et infinie déclinaison de roses, d’ocres et de blancs. Le contraste avec la flore (euphorbes, silènes, chardons) est saisissant en toute saison.
- À marée basse, la baie dévoile ses champs de laminaires, refuge des crabes verts, des oursins violets et, avec de la chance, des araignées de mer (appelées "araignées bretonnes").
- Prenez un moment pour écouter le grondement du ressac, amplifier votre expérience sensorielle, et pourquoi pas reconnaître le cri caractéristique du tournepierre à collier.
Le chemin ramène doucement vers la chapelle Saint-Michel, sur la hauteur, avant de plonger à nouveau dans le sentier central qui vous reconduit vers Pont ar Prat.