Panoramas magiques autour du phare du Paon : émerveillement garanti à Bréhat

28/07/2025

Un voyage vers l’extrémité sauvage de Bréhat

À la pointe nord de l’île de Bréhat, là où la lande se livre à l’océan, s’élève le phare du Paon. Véritable emblème de l’île, ce phare attise la curiosité et invite à l’observation de panoramas iodés à couper le souffle, loin du tumulte du continent. Ses alentours regorgent de lieux secrets et de points de vue saisissants, modelés par les vents et la mer depuis des siècles. Suivre les sentiers jusqu'ici, c’est s’offrir un condensé de nature brute, des jeux de lumières insoupçonnés et des moments de contemplation totale. Voici tous les conseils et astuces pour savourer les plus belles vues autour du phare du Paon et vivre Bréhat dans toute sa splendeur naturelle.

Comprendre le phare du Paon et son histoire

Dressé face au large sur l’une des extrémités granitiques de Bréhat, le phare du Paon tel qu’on le connaît aujourd’hui a été reconstruit en 1949, après la destruction de l’édifice précédent durant la Seconde Guerre mondiale (Phares & Balises de France).

  • Hauteur totale : 16 mètres au-dessus des flots
  • Signal visible à 18 milles marins (environ 33 km)
  • Typique de la région : granit rose de Bréhat utilisé pour sa base et ses abords

Depuis la plateforme, le regard embrasse l’archipel, de l’île Maudez à l’archipel de Logodec, en passant par les îlots des Héaux. Lorsque le vent s’élève, le panorama prend une dimension dramatique, soulignée par l’écume qui frappe les rochers.

Rejoindre le phare : conseils d’itinéraire et horaires propices

Le phare du Paon se mérite, car il est accessible uniquement à pied ou à vélo. Son accès depuis Le Port-Clos (débarcadère principal) s’étend sur environ 4 km. Deux itinéraires principaux, balisés et sécurisés, s’offrent à vous :

  1. Par l’ouest, via la route de Kervilon et le Gourail :
    • Traversez zones agricoles et anciennes chapelles
    • Longer la mer au plus près en alternant paysages de landes et criques secrètes
    • Comptez 1h15 à 1h30 de marche aller tranquille
  2. Par l’est, via le bourg, Rohou et Saint-Efflam :
    • Pichets, hortensias, et vues sur la baie du Guerzido en récompense
    • Moins fréquenté en saison, parfait pour la tranquillité matinale
    • Durée équivalente à l’itinéraire ouest

Pour profiter au mieux des panoramas :

  • Matinée (avant 10h) : Lumière “rasante” spectaculaire, ambiance paisible, couleurs nuancées du granit rose
  • Fin d’après-midi : les rochers prennent feu sous le soleil couchant, souvent moins de visiteurs
  • Période idéale : Entre avril et début juin pour la floraison, ou septembre/octobre pour la lumière d’automne et la quiétude

Panoramas emblématiques : où poser ses yeux et prendre son temps ?

Autour du phare, il ne s’agit pas d’une unique vue mais d’une succession de tableaux ; certains très connus, d’autres plus confidentiels. Prenez le temps de flâner, de vous arrêter, de grimper sur le granite chaud. Voici quelques sites immanquables et conseils de repérage sur le terrain.

La terrasse du phare : vue à 180°

Depuis la large plateforme accessible aux promeneurs, profitez à la fois de la vue sur la Côte d’Emeraude, la baie de Saint-Brieuc, les îlots de Logodec et la mer de la Manche qui s’étend à perte de vue. Par conditions de grande marée (coefficient >100), l’agitation du courant est spectaculaire : les “marmites” et remous révèlent le caractère tumultueux du passage de Bréhat. Par temps clair, il est possible d’apercevoir, à l’horizon, les sémaphores de Ploumanac’h et du Cap Fréhel (source : Cartographie SHOM).

Les chaos granitiques “du diable”

Le granite de Bréhat, formé il y a plus de 300 millions d’années (source : Géologie Bretagne), sculpte ici des formes fantasmagoriques : têtes d’animaux, arches, vasques rondes. La zone dite “Les Rochers du Diable”, immédiatement à l’ouest du phare, permet d’observer l’action du sel et du vent sur la roche ; sa couleur change du rose au gris perle selon l’humidité et l’heure. Un spot parfait pour la photographie, surtout après la pluie, quand le granit luira sous la moindre trouée de soleil.

Côté lande : immersion florale et vue sur les îlots nord

Derrière le phare, les sentiers serpentent dans une lande à ajoncs, bruyères et immortelles qui explosent au printemps (jusqu’à 22 espèces de plantes rares recensées dans le secteur, selon le Conservatoire du Littoral). En mai et juin, l’ensemble est littéralement tapissé de jaunes et de violets. Plus loin, des bancs naturels donnent sur l’archipel nord : la sensation de bout du monde est palpable, à l’écoute des cris de mouettes tridactyles et du grondement lointain des vagues.

Plaisirs des hauteurs : s’éloigner du sentier principal

Pour les amateurs d’angles uniques :

  • Quelques minutes au sud du phare, le sommet du rocher dit “La Table du Paon”, reconnaissable à sa surface presque plane, offre une perspective plongeante sur la côte nord.
  • En contrebas, vers l’est, la crique de Stroc’h Vraz, peu fréquentée, révèle un amphithéâtre naturel pour contempler le ballet des oiseaux marins : en été, il n’est pas rare d’observer cormorans huppés, goélands bruns ou parfois fulmars boréaux (source : Oiseaux Bretagne).

Astuce : Pour se repérer, orientez-vous à l’aide des bornes et des cairns discrets sur le sentier, installés par des passionnés locaux.

Conseils pour une observation optimale et respectueuse

Profiter des panoramas de Bréhat, c’est aussi faire preuve de discrétion et d’attention, aussi bien pour la faune que pour le patrimoine fragile des landes.

  • Prévoyez des jumelles : Elles sont précieuses pour identifier un voilier passant à l’horizon ou détailler le plumage d’un oiseau marin.
  • Chaussures solides : Les roches et sentiers, souvent humides ou glissants, demandent une bonne accroche.
  • Patience : Arrêtez-vous, restez silencieux quelques minutes : parfois, le renard de Bréhat fait une apparition furtive à la tombée du soir.
  • Respect de la flore : Ne piétinez pas les zones de lande hors sentier, certaines espèces locales sont strictement protégées (ex. Criste marine, Armeria maritima).
  • Photo : Préférez les débuts ou fins de journée pour une lumière plus douce et moins de visiteurs sur vos clichés.

Quand la météo décide du spectacle

Le spectacle du phare du Paon et de ses panoramas change littéralement selon la météo. Lieu idéal pour admirer les jeux du ciel, du granit et de la mer, chaque saison propose une carte postale différente :

Période Atmosphère/Phénomène à observer
Printemps (mars-mai) Floraison, lumières vives, oiseaux migrateurs nombreux
Été (juin-août) Chaleur sur les rochers, parfums puissants de la lande, luminosité intense
Automne (sept.-nov.) Contrastes, couchers de soleil rouges, premiers coups de vent spectaculaires
Hiver (déc.-févr.) Grandes houles, tempêtes photogéniques (à observer depuis un abri !)

Attention : Mieux vaut éviter la pointe du Paon en cas de vents supérieurs à 70 km/h, car les embruns et bourrasques peuvent être violents sur ce secteur très exposé (Météo France).

Petites anecdotes et détails à ne pas manquer

  • L’origine du nom “Paon” : Le rocher évoque, selon les anciens, la silhouette d’un paon faisant la roue. D'autres y voient le pan (“paon” en breton) de la falaise. Les légendes vont bon train parmi les habitants.
  • Un repère pour les pêcheurs et les oiseaux : On raconte que, lors des grandes migrations, plusieurs dizaines d’espèces d’oiseaux font halte dans le secteur du phare. Notamment, le traquet motteux et l’accenteur mouchet, deux petits migrateurs peu farouches (LPO).
  • La lanterne du phare : Elle fonctionne aujourd’hui en mode “automatisé”, mais il existait encore, dans les années 1960, un gardien du phare en poste toute l’année.

Savourer le retour : prolonger la découverte

Avant de quitter la pointe, pensez à prolonger la découverte par un pique-nique sur les dalles de granit ou en rejoignant les petits cafés du bourg, sur le chemin du retour. Sur la fin de journée, la lumière redescend doucement sur les landes, et le retour par l’“ancien” sentier côtier, au ras de la mer, s’accompagne de la musique des vagues et du parfum typique des herbes salées. De nombreux promeneurs apprécient aussi de revenir par le sentier “de l’intérieur”, plus ombragé, pour varier les ambiances.

Si l’envie de partager l’instant est là, gardez en tête que certaines cartes postales anciennes (trouvables chez les commerçants du centre) représentent des panoramas presque inchangés depuis un siècle. Un petit clin d’œil à celles et ceux qui, avant vous, ont contemplé cette même mer, ce même granit.

Qu’on vienne pour le vent du large, la couleur unique de la lande ou la sensation de liberté absolue, les panoramas du phare du Paon offrent à chaque instant une façon différente de “voir” Bréhat. Il suffit parfois simplement de s’arrêter, de respirer, et d’ouvrir grand les yeux.

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