Explorer le phare du Paon en famille : balade nature entre granit rose et air marin

16/08/2025

Pourquoi le phare du Paon attire-t-il autant les familles ?

L’île de Bréhat, surnommée « l’île aux fleurs », offre une palette de paysages changeants suivant les marées et les saisons. Plus d’un promeneur, petits ou grands, a été fasciné par son extrémité nord, là où se dresse, majestueux, le phare du Paon. Cette balise, gardienne des marins depuis 1860 (voir Service des Phares et Balises), attire chaque année des milliers de visiteurs venus découvrir une Bretagne authentique, sauvage, accessible à toute la famille.

Mais est-ce vraiment une balade conseillée avec des enfants ou des seniors ? Faut-il être randonneur aguerri ? Que voir, que ressentir sur ce sentier ? Voici tout ce qu’il faut savoir pour profiter d’une sortie inoubliable autour du phare du Paon, dans la bonne humeur et la curiosité.

Y aller : pourquoi la balade vers le phare est adaptée à tous

Depuis la sortie du bourg principal ou du débarcadère de Port-Clos (l’arrivée de la vedette depuis la pointe de l’Arcouest), atteindre le phare du Paon peut paraître une expédition. Pourtant, le trajet le plus direct fait à peine 5 kilomètres aller-retour par les jolis chemins empierrés de Bréhat. Les dénivelés sont peu marqués, les sentiers bien entretenus, et surtout aucune voiture ne circule sur l’île !

  • Distance totale (A/R) : env. 5 km depuis Port-Clos
  • Durée : 2h à 2h30 en prenant le temps, pauses incluses
  • Difficulté : facile, praticable en poussette tout-terrain (mais pas de poussettes citadines)
  • Dénivelé : faible, le relief monte surtout sur la pointe (quelques marches naturelles pour accéder au phare)
  • Éviter : les jours d’alerte météo ou après de grosses pluies, car certains passages peuvent devenir glissants

La balade peut être rythmée au gré des petits arrêts découvertes : oiseaux marins, touffes d’agapanthes ou de griffes de sorcière, belvédères naturels offrant des vues sublimes sur l’archipel… Le sentier, balisé et sécurisé, croise rarement de zones à risques pour les enfants, hormis la dernière partie rocheuse près du phare. Tenir les plus jeunes par la main dans cet ultime tronçon est tout indiqué.

Ce que l’on découvre en chemin : de l’exotisme surprenant sous le vent breton

Se rendre jusqu’au phare du Paon, c’est traverser une véritable mosaïque de paysages qui font la renommée de Bréhat. Ce décor de carte postale n’a rien d’artificiel : il est le fruit d’un microclimat doux et de courants marins qui favorisent la biodiversité.

Une nature exceptionnelle et accessible

  • Les jardins de Bréhat : Avant d’atteindre le nord de l’île, on longe des sentiers bordés de jardins privés, d’agapanthes, de mimosas, d’eucalyptus (certains plantés dès la fin du XIX siècle lors de « l’ensauvagement » de l’île – Source : Parc botanique de Bréhat).
  • Les contrastes géologiques : À mesure que l’on avance, le sol se pigment de rose : c’est le fameux granit rose de Bréhat, remarquable par ses veines et ses formes sculptées par le vent. Il forme des chaos impressionnants sur la côte, parfait terrain de jeu pour l’imagination des petits !
  • Une faune discrète : En levant les yeux, les familles croisent peut-être la route d’un faucon pèlerin (l’un des rares sites bretons où cet oiseau niche), d’aigrettes garzettes, de goélands, ou même de phoques gris vers la pointe (Observatoire de la LPO).
  • Des panoramas à couper le souffle : Au détour d’un sentier, on découvre la mer entre pierre et ajoncs, avec parfois la silhouette du phare du Rosédo à l’ouest et, tout au nord, la mer large et agitée.

N’oubliez ni lunettes de soleil – la lumière se réfléchit fort sur le granit – ni jumelles pour essayer de repérer les oiseaux. Les enfants adorent jouer les aventuriers sur les gros rochers plats, toujours accompagnés, bien sûr !

Itinéraire pas à pas : conseils de terrain pour une balade familiale réussie

  1. Départ du bourg (ou Port-Clos) : Rejoindre le nord de l’île par la route principale, les chemins sont fléchés « Phare du Paon » ; impossible de se tromper.
  2. Traverser le hameau de Kervilon : C’est ici que la campagne laisse place au granit, avec ses premiers points de vue sur la mer et, au loin, la silhouette du phare.
  3. Arrivée sur la lande : Au printemps, la lande explose de couleurs : ajoncs, bruyères, euphorbes, et même quelques figuiers de Barbarie. On progresse sur un sentier élargi, bordé de mousses et de lichens.
  4. Dernière grimpette : Les derniers 300 mètres, le sentier devient plus rocailleux et, par temps humide, les dalles sont parfois glissantes. De petites marches en pierre naturelle mènent au phare même. Garder un œil sur les enfants, mais la vue en vaut l’effort !
  5. Pause au pied du phare : Pas d’accès à l’intérieur du phare, mais le panorama sur l’archipel et la côte trégoroise, le bruit des vagues qui claquent sur les blocs de granit, l’air iodé : voilà un vrai moment pour souffler et ouvrir grand les yeux.

Pour prolonger la balade : il est possible de poursuivre le long des sentiers côtiers, vers le moulin à marée du Birlot ou redescendre par des boucles variantes via la chapelle Saint-Michel (à 1 km du bourg, vue spectaculaire).

Préparer sa sortie : infos pratiques et conseils pour bien en profiter

  • Venir à Bréhat : Les vedettes font la navette toute l’année, mais la fréquence augmente d’avril à octobre (horaires sur vedettesdebrehat.com). Mieux vaut choisir un départ tôt en saison ou arriver dès 9h30 aux vacances pour éviter l’affluence.
  • Bons équipements : Prévoir de bonnes chaussures (baskets fermées), réserve d’eau (pas de point d’eau potable entre le bourg et le phare), veste coupe-vent légère même par beau temps. On peut aussi emporter un goûter à déguster assis sur les rochers, face à la mer.
  • Toilettes : Des sanitaires publics sont disponibles au port principal et au bourg. Il n’y a pas de toilettes à proximité directe du phare du Paon.
  • Sécurité : Aucun danger particulier sur l’itinéraire, mais rester vigilant auprès des enfants sur les abords rocheux du site du phare. Garder à l’esprit que le chemin n’est pas éclairé le soir.
  • Respect de la nature : La Réserve naturelle de Bréhat abrite de nombreuses espèces protégées. Merci de rester sur les sentiers balisés, de ne rien cueillir et de rapporter vos déchets (campagnes « Je protège Bréhat », mairie de Bréhat).
  • Chiens : Acceptés en laisse.

Quelques anecdotes à raconter pendant la balade

  • L’ancien phare détruit : Le phare du Paon actuel date de 1949. Le premier, construit en 1860, a été détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Les enfants aiment imaginer la vie des gardiens du phare, exposés au vent et à l’isolement.
  • Baptisé « Le Paon »… mais pourquoi ? Non, vous n’y verrez pas de paons, mais la légende raconte que ce nom viendrait du breton « paenn » signifiant l’extrémité de la terre (cf. bzhhb.bzh).
  • Des épaves… et des histoires : Les eaux tumultueuses de la pointe du Paon furent le théâtre de plusieurs naufrages. Regardez bien : lors de grandes marées, des restes métalliques apparaissent encore sur la grève.

Pourquoi cette balade restera un souvenir fort pour petits et grands

Marcher jusqu’au phare du Paon, c’est goûter au mythique parfum du large, s’arrêter pour observer des oiseaux, découvrir une flore quasi-méditerranéenne, jouer sur les blocs de granit rose, s’inventer des histoires de phares et de tempêtes. À Bréhat, l’aventure est accessible à tous, sans marche forcée ni logistique complexe.

En famille, c’est une sortie idéale pour se retrouver, partager des découvertes, éveiller la curiosité des enfants et s’initier, tout simplement, à la douceur bretonne. De nombreuses familles reviennent d’année en année prendre, le temps d’une marée, leur « bain de granit rose » et de lumière.

Le phare du Paon est bien plus qu’une destination : c’est une expérience à hauteur d’enfant, une leçon de nature grandeur réelle, à savourer tous ensemble.

Sources : Service des Phares et Balises ; Parc botanique de Bréhat ; LPO ; mairie de Bréhat ; bzhhb.bzh

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