L’appel sauvage du nord : Explorer les sentiers et panoramas du phare du Paon à Bréhat

20/07/2025

Rejoindre le phare du Paon depuis le bourg : entre chemins fleuris et vastes horizons

Depuis le bourg principal de Bréhat, point d’arrivée du bateau en provenance de l’embarcadère de l’Arcouest, plusieurs itinéraires s’offrent à vous pour atteindre, à pied, la pointe nord et le fameux phare du Paon (île de Bréhat, source : iledebrehat.fr). L’avantage sur Bréhat : ici, pas de voiture, tout se fait au rythme de la marche ou du vélo.

  • Le chemin côtier classique (environ 4,5 km, 1h30 à 2h de marche) : Depuis le bourg, suivez les panneaux indiquant la “rue du Nord”. Rapidement, on s’engage sur la sente côtière, où s’alignent figuiers, mimosas et un camaïeu de fleurs sauvages selon la saison. Ce sentier passe par Kervilon, traverse quelques landes rases puis rejoint le fameux étang du Lenn. Les panoramas s’ouvrent peu à peu sur tout l’archipel nord avant la dernière grimpette vers le phare.
  • Le sentier central via la Chapelle Saint-Michel (environ 4,2 km, 1h30) : Une variante plus intérieure qui grimpe d’abord sur la colline Sud pour offrir un superbe coup d’œil depuis la chapelle. L’itinéraire redescend ensuite à travers un patchwork de landes, jardins maraîchers et bosquets, avant de retrouver la côte quelques centaines de mètres avant le phare du Paon.
  • La grande boucle nord-sud (environ 11 km, prévoir 3h30 à 4h) : Pour les marcheurs aguerris, effectuer la grande boucle de l’île permet de relier tous ses points d’intérêts, des plages du sud jusqu’à la pointe du Paon, avant un retour par l’intérieur et l’église du bourg.

Bon à savoir : le dénivelé demeure faible (Bréhat ne culmine qu’à 33 mètres !), mais le terrain, parfois rocailleux ou humide, nécessite tout de même de bonnes chaussures, surtout en hiver ou après de fortes pluies.

Panoramas et lumière : où admirer les plus belles vues autour du phare du Paon

Le site du phare du Paon est sans doute le poste d’observation le plus saisissant de tout le nord de Bréhat. Placé sur un éperon de granit rose aux formes tourmentées, il offre des panoramas à 270°, qui embrassent :

  • Au nord, la haute mer, le chenal de la Jument et, par temps clair, les premières côtes du Trégor à l’horizon.
  • À l’est, la presqu’île de la Chambre, parsemée d’écueils et de petites criques paisibles.
  • À l’ouest, la grande lande du nord et la pointe de l’Anse du Paon, avec de superbes perspectives sur l’archipel et, lors des bonnes marées, sur les marées montantes et descendantes qui dessinent une palette de reflets sur les fonds sableux.

Les plus beaux instants ? La lumière dorée de la fin d’après-midi, quand le soleil rase les bruyères et fait scintiller le granit. Parfois, les couleurs varient du rose orangé au violet laiteux, offrant une expérience presque irréelle pour les photographes amateurs ou aguerris (Le Télégramme).

Points d’intérêt naturels sur les sentiers du Paon

La marche vers le phare du Paon n’est pas qu’un prétexte à la photo – ici, la nature bretonne révèle l’incroyable richesse d’un microclimat atypique (Bréhat profite d’un climat océanique adouci par le Gulf Stream, source : Météo France) :

  • Le granit rose de Bréhat : Nulle part ailleurs en Bretagne, en dehors de Ploumanac’h, le granit ne prend de telles teintes. Entre le phare et la mer, les chaos rocheux créent un paysage presque lunaire, propice à la rêverie… et au jeu pour les enfants !
  • La lande littorale : Dès le printemps, le nord de l’île s’illumine d’ajoncs, de bruyères, de liserons des dunes, alors que les crapauds calamites et la rare couleuvre à collier trouvent refuge dans les creux pierreux.
  • L’étang du Lenn : Juste avant d’arriver au phare, cet écrin d’eau douce attire les oiseaux migrateurs lors des haltes de printemps et d’automne. Des hérons cendrés, poules d'eau et parfois même un balbuzard pêcheur peuvent y être aperçus (source : LPO Bretagne).
  • Les falaises actives : À marée haute, la mer vient lécher les bases du phare, modelant continuellement ces falaises granitiques et dévoilant une géologie façonnée depuis près de 300 millions d’années.

Observer la vie sauvage : spots privilégiés autour du Paon

Le secteur du phare du Paon est particulièrement prisé pour l’observation de la faune et de la flore :

  • Les oiseaux marins :
    • Le goéland argenté et le goéland brun : colonies bruyantes du printemps à la fin de l’été.
    • Surprises fréquentes : cormorans huppés, huitriers pies au bec rouge vif, tadorne de Belon.
    • En saison migratoire (mars-mai, août-octobre), passages d’espèces rares comme le bécasseau sanderling ou la sterne caugek.
  • La flore spécifique du littoral :
    • La ficoïde glaciale, plante succulente importée devenue emblème de Bréhat.
    • L’armérie maritime, cousine poétique du gazon d’Espagne, qui colonise les moindres failles de roches.
    • En avril-mai, grande floraison des agapanthes – Bréhat en compte plus de 200 000 pieds, ce qui en fait la “capitale bretonne de l’agapanthe” selon le Télégramme.
  • La mer à observer depuis le sentier :
    • Les plus chanceux peuvent apercevoir des phoques gris sur les rochers les plus isolés par marée basse, notamment côté ouest.
    • Avec des jumelles, surveillez les vols de fous de Bassan, plongeant spectaculairement près du chenal lors de la migration automnale.

Choisir la bonne saison pour randonnées et émerveillement autour du Paon

Bréhat se visite toute l’année, mais l’expérience autour du phare change radicalement selon la période :

  • Printemps (mars-mai) : Réveil des couleurs, éclosion des agapanthes, arrivée des oiseaux nicheurs. Températures très douces (12-17°C), atmosphère paisible hors des vacances scolaires.
  • Été (juin-août) : Affluence plus importante, balades à privilégier tôt le matin ou en fin de journée pour le calme et la lumière. Les bruyères et arméries maritimes sont en fleurs, beaucoup de vie sur les sentiers.
  • Automne (septembre-octobre) : Lumières superbes, moins de visiteurs. Richesse ornithologique, températures agréables pour de longues marches.
  • Hiver (novembre-février) : Pour les amateurs d’ambiances sauvages : vent, mer démontée et instants solitaires au pied du phare, vêtu de sa parure de granit noirci.

Randonnée : précautions et conseils pour explorer le nord de Bréhat sereinement

  • Équipements : Prévoyez chaussures fermées et antidérapantes, surtout après la pluie (le granit est parfois glissant).
  • Eau et protection : Peut-être déroutant, mais il n’y a pas de point d’eau ni de commerces entre le bourg et le phare du Paon. Prévoyez suffisamment à boire, une casquette et de la crème solaire même lorsqu’il y a du vent.
  • Respect de la nature : Restez strictement sur les chemins pour préserver la lande, ramassez vos déchets (de plus en plus de visiteurs oublient cette règle chaque été…)
  • Météo : Surveillez les prévisions, car le vent peut être violent à la pointe nord en dehors de l’été (rafales supérieures à 80 km/h possibles selon Météo France).
  • Signalisation : L’itinéraire est bien balisé (flèches jaunes, panneaux “Phare du Paon”) mais le réseau téléphonique est parfois faible : téléchargez la carte de Bréhat en amont ou utilisez une application GPS offline.

Balade familiale : le Paon avec les enfants

Le sentier vers le phare, avec sa faible déclivité et ses 4 à 5 kilomètres depuis le bourg, est parfaitement adapté pour une escapade en famille, même avec de jeunes enfants.

  • Privilégiez la balade en demi-journée, en multipliant les arrêts : plage de la Corderie, table d’orientation de Saint-Michel, observation des oiseaux au Lenn, pique-nique sur les dalles face à la mer.
  • Les chaos de granit autour du phare offrent un terrain d’exploration ludique (avec surveillance).
  • Absence de voitures : une vraie tranquillité pour les parents, l’itinéraire est sécurisé et fréquenté même hors-saison.
  • Prévoir porte-bébé pour les tout-petits : les poussettes tout-terrain sont possibles sur le sentier principal mais deviennent compliquées sur les 300 derniers mètres de rochers.

Le coucher de soleil au bout du monde : un moment suspendu

Au nord de Bréhat, le spectacle du soir s’invite bien avant la nuit. D’avril à septembre, le phare du Paon offre l’un des tout meilleurs points de vue pour assister au coucher du soleil. Voici comment en profiter au mieux :

  • Arriver en avance : Prévoyez 30 à 40 minutes pour rejoindre le phare depuis le bourg en marchant vite, mais rien ne remplace une installation tranquille pour grignoter avant l’événement.
  • Panorama : Au sommet du promontoire, asseyez-vous sur la grande dalle côté ouest ; le soleil couchant s’aligne alors parfaitement sur la mer, parfois sublimé par le clignotement du phare.
  • Ambiance : Les cris de goélands accompagnent la baisse de lumière, la silhouette du phare se détache sur fond de ciel pastel… Pour les amateurs de photo, la “golden hour” bretonne, peu après 21h en juillet, révèle toute la magie du Paon.
  • L’après-coucher : Conseil d’initié : restez encore un quart d'heure après que le soleil a disparu, car les couleurs s’intensifient souvent sur la mer, et la tranquillité devient absolue.

Perspectives et envie de revenir sur l’île aux fleurs

La balade vers le phare du Paon, bien plus qu’un simple aller-retour incontournable, se révèle à chaque visiteur comme une aventure sensorielle pleine de découvertes et de magie naturelle. C’est le promontoire idéal pour ressentir la force du vent breton, scruter d’immenses horizons et s’initier à l’observation de la vie sauvage de Bréhat. L’expérience se renouvelle à chaque saison, sous chaque lumière, et fait de chaque marcheur un témoin privilégié de la beauté fragile de l’île aux fleurs.

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