Les meilleures pauses nature sur l’île Nord de Bréhat : havres secrets et panoramas grandioses

22/06/2025

Le Phare du Paon : un balcon sur le grand large

Le sentier qui mène au Phare du Paon est un classique, mais l’expérience ne se limite pas à la photo de la silhouette du phare. Planifiez votre pause au pied du phare ou, mieux encore, sur l’une des tables naturelles formées par les blocs de granit rose environnants. Installez-vous dos au vent, le regard vers l’archipel des Rochers du Nord, territoire de milliers d’oiseaux marins aux beaux jours.

  • Levez la tête : en été, observez les passages discrets des goélands argentés et des cormorans huppés, ainsi que les va-et-vient de sternes pierregarins qui nichent à proximité (source : Bretagne Vivante).
  • À marée basse : la vue se dégage sur l’estran parsemé de vasques, dans lesquelles crabes marbrés et crevettes transparentes s’animent à quelques mètres du sentier.
  • Conseil : Prévoyez votre pause en dehors des pics d’affluence, tôt le matin ou en fin de journée, pour savourer le silence. Le vent peut être soutenu au Paon, pensez à emporter une petite laine même en été !

La Baie de la Corderie : écrin sauvage pour pique-nique iodé

Juste avant le grand virage menant au nord, à l’écart de la route principale, la Baie de la Corderie est une invitation à la tranquillité. Ici, on trouve un décor presque méditerranéen avec la mer d’un bleu changeant selon l’heure, des galets polis, et des tapis de fleurs maritimes au printemps.

  • À la pause méridienne : c’est le spot idéal pour s’abriter à l’ombre d’un vieux tamaris, déguster son casse-croûte face à la mer et sentir le parfum subtil de la criste marine en fleur.
  • Observation : sur la longue laisse de mer, surveillez les ballets de gravelots à collier interrompu, dont la population est suivie de près à Bréhat (source : LPO).

La lande du Créac’h ar Prat : parenthèse sauvage et panoramas XXL

Moins courue, la lande du Créac’h ar Prat offre l’un des plus vastes horizons de l’île Nord. Ici, on foule un tapis dense de bruyère cendrée, d’ajoncs et de fougères, ponctué de touffes de roses trémières qui surprennent au détour d’un vieux mur de pierres sèches.

  • Pause méditative : allongez-vous entre deux touffes d’ajonc, fermez les yeux et laissez-vous bercer par le bourdonnement des abeilles des landes et les cris lointains des échassiers.
  • À l’automne : les couleurs flamboyantes de la lande rivalisent avec celles des plus beaux tableaux impressionnistes, entre mauve, cuivre et or.
  • Panorama : En grimpant sur l’un des affleurements rocheux, la vue porte parfois jusqu’à la côte du Trégor et, par temps clair, on distingue les contours de l’île de Roche-Jaune, au nord-est. (Géoportail).

Les rochers de Guerzido Nord : se poser au-dessus de l’écume

La plage de Guerzido est célèbre sur la partie sud, mais en allant vers le nord, on atteint des promontoires rocheux beaucoup moins fréquentés. Pause idéale pour les contemplatifs et les amateurs d’escalade douce sur les blocs arrondis polis par le vent.

  • Plaisir simple : s’installer sur un rocher chaud, les bottes suspendues au-dessus de la mer, un livre ou un carnet sur les genoux. Ici, le temps ralentit vraiment.
  • Faune : à la belle saison, observez les colonies de gobies tachetés dans les petites mares entre les rochers (source : Ouest-France).

Le sentier côtier du Nord-Est : cap sur l’infini

C’est sans doute le secteur le plus sauvage de Bréhat. Le sentier côtier qui court entre la pointe du Skeul (Carrec’het) et la pointe de l’Arcouest, longe une mosaïque de criques minuscules, de caps battus par les vents et de petits vergers oubliés.

  1. Arrêt improvisé : à chaque tournant, des bancs de sable rose se dévoilent. Descendez sur l’une de ces criques à marée basse et prenez le luxe d’une baignade en solitaire (pensez à consulter les horaires de marée !).
  2. Vue imprenable : le matin, la lumière rasante sublime les pointes de l’île, tandis qu’en fin d’après-midi, la côte s’embrase sous les derniers rayons. Certains jours, la vision rare d’un phoque vous accompagne, se prélassant sur un rocher à quelques brasses du rivage (source : Faune-Bretagne.org).

L’étang du Lenn : havre pour naturaliste curieux

Rare plan d’eau douce de Bréhat, l’étang du Lenn est un biotope discret, préservé par la végétation luxuriante et une petite ceinture de roseaux frémissants. Pour les randonneurs attentifs, c’est l’endroit rêvé pour une pause naturaliste, loin du tracé classique.

  • Observation ornitho : à l’automne et au printemps, guettez les passages d’oiseaux migrateurs. On y a recensé près de 90 espèces sur un an, depuis les martins-pêcheurs jusqu’aux hérons cendrés (voir Tourisme-Bretagne.com).
  • Ambiance : par temps calme, le miroir de l’eau reflète le ciel breton, un décor idéal pour une pause méditative ou croquer des plantes locales dans un petit carnet de terrain.

La pointe de Rosedo : ultime avancée et coucher de soleil majuscule

Si vous souhaitez conclure votre randonnée nordique par une pause simplement inoubliable, la pointe de Rosedo s’impose. Ici, le granit affleure en larges dalles, veillées par un vieux mur de pierres séchées et une lanterne. On y vient, sac au dos, pour contempler le ballet des vagues, scruter l’horizon où voguèrent autrefois les goélettes bréhatines.

  • Le soir : la pointe offre l’un des plus beaux couchers de soleil de Bréhat, avec en contrebas, la mer qui s’embrase sur les roches de la chaussée du Vivier. Selon Le Télégramme, la joie de découvrir ce site sous une lumière dorée fait partie des émotions inoubliables de l’île.
  • Ambiance : on s’y sent plus proche de la nature sauvage que presque nulle part ailleurs sur l'île, avec parfois le chant des sternes qui accompagne le bruissement du vent.

Suggestions pratiques pour une pause nature réussie sur Bréhat

  • Prendre le temps : sur l’île Nord, il n’est pas rare de parcourir moins de 2,5 km en une heure, tant il est tentant de s’assoir, observer, toucher, sentir.
  • Respecter les lieux : Bréhat est une Réserve Naturelle Maritime depuis 2021 sur 330 hectares (source : Veolia Environnement). Gardez bien avec vous tous vos déchets, ne cueillez pas les fleurs locales souvent protégées et respectez la tranquillité des oiseaux.
  • Saison idéale : chaque saison a ses atouts – en mai-juin pour la floraison des agapanthes et des iris, à l’automne pour la lumière rasante et les landes en feu, en hiver pour les plus courageux : solitude et ambiance intime garanties.
  • Équipement : toujours une gourde (peu de points d’eau douce sur l’île nord), vêtements en couches, une petite couverture pour la pause ou le pique-nique, des jumelles légères pour profiter à fond des oiseaux et du panorama.

Ouverture sur la découverte : Bréhat Nord, mille paysages à réinventer

Le nord de Bréhat invite à une forme de randonnée lente, ré-enchantée, où chaque halte devient une aventure sensorielle. Au fil des sentiers, en s’accordant des pauses régulières dans ces lieux choisis, on découvre que la magie de Bréhat ne tient ni à sa superficie ni à sa célébrité, mais bien à cette capacité de surprise, de silence, de beauté brute. Les pauses nature ne sont donc pas seulement des moments de repos : ce sont les vrais temps forts de la randonnée.

Que votre prochaine halte soit sur une dalle de granit, au creux d’une lande ou devant un horizon ouvert, prenez le temps de respirer Bréhat, simplement.

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